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Intimité du bois dans une danse sacrée

publié le 21 sept. 2011 à 09:29 par Claire Selva   [ mis à jour : 21 sept. 2011 à 09:32 ]
J'ai choisi ce bois et ce bois m'a choisie. Il allait être mon compagnon de danse ce matin. C'était un fragment du grand bois, tout en hauteur, mince, branche droite à la source donnant naissance à de fines ramifications, trois, souples et libres. Un élan spontané vers le ciel.

Le grand bois est posé devant moi, dans sa force et dans sa puissance. Je prends contact avec sa respiration, avec la mienne aussi. La musique m'envahit de ses sonorités orientales qui de tout temps me transportent. Elle me touche avec une intensité allant bien au-delà des mots qui pourraient la décrire, c'est un écho à de puissantes mémoires, elles m'habitent depuis toujours.

J'entre dans la danse avec le grand bois, ancrage de mes racines à la terre. Il me murmure affectueusement :

Tu es le bois,
Nous sommes semblables
Élance toi, exprime toi
Vis, respire
Et sois

Je ne suis pas le compositeur de la chorégraphie, je ne suis pas l'auteur de l'improvisation, je ne suis pas le réalisateur des prouesses corporelles. Mon bonheur apparaît lorsque, libérée de ces responsabilités, la performance n'existe plus. Le corps se met au service de la créativité, sans contrainte, sans peur, sans jugement. Tout simplement il sait. Il sait danser la beauté de l'âme, il sait exprimer la force de l'énergie qui jamais ne cesse de couler. Tel un instrument de musique il compose, et à travers un solfège corporel il raconte l'histoire de la vie.

Le temps d'une danse matinale réalisée amoureusement, dans l'expression d'une énergie guérisseuse, je me suis sentie exister, heureuse. C'était la danse sacrée du bois.